Passeport batterie pour le stockage stationnaire et résidentiel
Conteneurs de plusieurs mégawattheures comme batteries domestiques : le règlement les traite de la même façon. Ce sont des batteries industrielles — 36 points obligatoires, seuil d'assujettissement à 2 kWh — et la vraie question de conception est la granularité du passeport.

Batterie industrielle de plus de 2 kWh — 36 des 71 points obligatoires
au 18 février 2027
Le règlement (UE) 2023/1542 range les batteries de stockage d'énergie parmi les batteries industrielles, y compris lorsqu'elles sont installées en environnement privé ou domestique. Un système de stockage résidentiel de 5 kWh relève donc du même régime qu'un conteneur de plusieurs mégawattheures : 36 des 71 points de données obligatoires au 18 février 2027, dès lors que la capacité dépasse 2 kWh.
Seuil applicable. Le seuil de 2 kWh est déterminant sur ce segment : il exclut les très petits systèmes, mais couvre la quasi-totalité des offres résidentielles du marché, qui démarrent généralement au-dessus de 3 kWh.
Source : règlement (UE) 2023/1542 et Guidance de la Commission européenne « Digital Batteries Passport – data points by category », version 2.0 du 15 août 2026, qui recense 71 points de données et leur applicabilité par catégorie de batterie.
Ce qui est concerné, ce qui ne l'est pas
Soumis au passeport
- Conteneurs et systèmes de stockage raccordés au réseau (BESS)
- Batteries de stockage résidentiel et de site tertiaire de plus de 2 kWh
- Batteries de stockage associées à une production photovoltaïque
- Modules de rechange et extensions de capacité mis sur le marché après le 18 février 2027
Hors périmètre
- Systèmes de 2 kWh ou moins, hors obligation de passeport
- Batteries de traction, qui relèvent d'un autre régime même lorsqu'elles finissent en stockage stationnaire — leur passeport d'origine les suit
Ce qu'il faut réellement produire au 18 février 2027
Tous les points de données du passeport ne sont pas exigibles à l'ouverture. La guidance de la Commission distingue, pour chaque catégorie de batterie, ce qui est obligatoire à l'échéance et ce qui attend encore son cadre juridique. Dimensionner le projet sur la liste complète revient à surinvestir ; l'ignorer revient à reconstruire dans deux ans.
Obligatoire à l'échéance
- ✓Identifiant unique et identifiant de l'opérateur économique, au niveau retenu comme unité de mise sur le marché
- ✓Fabricant, modèle, date et lieu de fabrication
- ✓Chimie des cellules, matériaux critiques et substances dangereuses
- ✓Capacité, puissance, rendement et durée de vie attendue en cycles
- ✓État de santé et historique d'utilisation, réservés aux parties intéressées légitimes
- ✓Instructions de démontage, de sécurité et de traitement en fin de vie
Pas encore exigible — et pourquoi
- ○Déclaration d'empreinte carbone : pour les batteries industrielles avec stockage externe, le calendrier est le plus tardif du règlement, et l'acte délégué sur la méthodologie n'est pas adopté
- ○Sourcing responsable : méthodologie non finalisée, devoir de vigilance reporté au 18 août 2027
- ○Déclaration de contenu recyclé : exigible à partir du 18 août 2028
À suivre également : devoir de vigilance de la chaîne d'approvisionnement (art. 48), reporté au 18 août 2027 par le règlement (UE) 2025/1561, avec une exemption pour les entreprises réalisant moins de 40 M€ de chiffre d'affaires.
D'où viennent les données sur ce segment
La difficulté d'un projet Battery Pass n'est presque jamais le passeport lui-même : c'est de savoir qui détient chaque donnée, à quelle fréquence elle change, et qui a le droit de la lire. L'article 77 et l'annexe XIII imposent un accès différencié — toutes les données obligatoires ne sont pas publiques.
| Donnée | Qui la détient | Fréquence | Accès |
|---|---|---|---|
| Identifiant et nomenclature des modules | Intégrateur système, à partir des références du cellulier | À la création | Public |
| Chimie et matériaux critiques | Cellulier | À la création | Parties intéressées |
| Capacité, puissance, rendement, cycles garantis | Essais de l'intégrateur et engagements de garantie de performance | À la création | Public |
| État de santé et énergie cyclée | EMS du site, agrégé depuis les BMS de rack | Continue | Parties intéressées |
| Remplacements et extensions de modules | Exploitant ou mainteneur du site | À chaque intervention | Parties intéressées |
| Démontage et filière de traitement | Intégrateur et recycleur agréé | À la création | Public |
Comment l'état de santé remonte, quand la batterie n'est pas connectée
L'état de santé est la seule donnée du passeport qui doit vivre après la mise sur le marché. Le marché parle de connexion au BMS comme si elle allait de soi — elle ne l'est pas : la majorité des batteries en service ne remontent rien en continu. Trois voies coexistent, et sur ce segment c'est connexion bms qui constitue le mode réaliste par défaut.
Le BMS remonte l'état de santé en continu, via la télématique du véhicule ou la supervision du site. C'est le mode le plus fin, mais il suppose un équipement connecté et un flux déjà en place.
L'EMS du site agrège déjà les BMS de rack : le flux existe, il suffit de l'orienter vers les passeports concernés.
Côté Arianee — API d'écriture évènementielle : chaque relevé met à jour le passeport de la batterie concernée, sans réémission, avec horodatage et traçabilité de la source.
Les relevés sont extraits périodiquement d'un système existant — supervision, gestion de flotte, chargeurs connectés, ERP — et déversés par lots. Le mode le plus réaliste quand la donnée existe mais n'est pas exposée en temps réel.
Consolidation périodique multi-sites, quand chaque site expose ses données sur son propre rythme.
Côté Arianee — Import de masse depuis le Management Hub ou par API : un fichier ou un flux met à jour des milliers de passeports en une opération, avec rapport d'erreurs par ligne.
Le technicien scanne le QR code de la batterie et saisit ou valide le relevé sur place, en atelier, en magasin ou en salle. Seule voie possible quand la batterie n'est pas connectée — et la plus fiable pour attester une intervention.
Lors des interventions de maintenance : remplacement de module, extension de capacité, retrait de rack — l'opération est consignée dans le passeport du système.
Côté Arianee — Passport Portal : le scan ouvre le passeport de la batterie avec les droits du technicien, qui écrit son relevé et son intervention. Fonctionne pour un réseau d'ateliers tiers sans leur ouvrir le reste du parc.
Les trois modes alimentent le même passeport et ne s'excluent pas : un parc mixte combine généralement un flux BMS sur les équipements récents, un import batch pour l'existant et un relevé terrain pour tout ce qui passe en atelier. Chaque écriture est horodatée et attribuée à sa source, ce qui rend l'historique opposable en cas de contrôle.
Les trois points durs propres à ce secteur
À quel niveau émettre le passeport
Un conteneur agrège des centaines de modules. Émettre un passeport par module est ingérable, un passeport par conteneur perd la traçabilité des remplacements. Le choix doit être arrêté tôt, en cohérence avec l'unité effectivement mise sur le marché, et l'infrastructure doit accepter une hiérarchie module–rack–système.
Le système évolue en cours de vie
Les modules sont remplacés, la capacité est étendue, des racks sont retirés. Le passeport doit refléter une composition qui change, sans réémission complète à chaque intervention.
Garantie de performance et preuve
Les contrats de stockage reposent sur des engagements de capacité résiduelle. L'historique d'état de santé consigné dans le passeport devient une pièce contractuelle autant qu'une donnée réglementaire.
Ce que le passeport vous apporte au-delà de la conformité
Un passeport batterie réduit à une obligation reste un coût. Les mêmes données, bien structurées, servent l'exploitation et la valeur résiduelle du parc.
Preuve de capacité résiduelle
Documenter la dégradation réelle module par module sécurise les engagements de garantie et objective les litiges de fin de contrat.
Accueil des batteries de seconde vie
Le stockage stationnaire est le débouché naturel des packs de traction déposés. Un passeport lisible côté véhicule conditionne la possibilité de les réaffecter ici, et de documenter cette réaffectation.
Parcs multi-sites
Un exploitant qui gère plusieurs dizaines de sites obtient, via les passeports, un inventaire unifié de son parc de modules et de leur état.

François Pujo
Industrial & Battery Project Manager
François est notre expert Battery Pass, aux côtés des industriels du monde entier pour intégrer le DPP sur leurs chaînes de production et tout au long de la vie du produit.
Questions fréquentes — Stockage stationnaire
Une batterie de stockage domestique est-elle une batterie industrielle ?+
Oui. Le règlement (UE) 2023/1542 classe les batteries de stockage d'énergie parmi les batteries industrielles, y compris lorsqu'elles sont installées dans un environnement privé ou domestique. Une batterie résidentielle de plus de 2 kWh est donc soumise au passeport batterie à compter du 18 février 2027, avec 36 des 71 points de données obligatoires.
Le seuil de 2 kWh s'applique-t-il au module ou au système complet ?+
Il s'applique à la batterie mise sur le marché, c'est-à-dire à l'unité commercialisée comme telle. C'est la raison pour laquelle le niveau d'émission du passeport doit être arrêté en amont : il détermine à la fois l'assujettissement et la granularité de la traçabilité pour toute la vie du système.
Que se passe-t-il quand on remplace des modules dans un conteneur ?+
Un module de remplacement mis sur le marché après le 18 février 2027 relève lui-même de l'obligation. Le passeport du système doit refléter sa composition réelle dans le temps : c'est un cas d'usage central sur ce segment, et il suppose une infrastructure capable de gérer une hiérarchie et un historique de composition, pas un document figé.
Une batterie de véhicule réaffectée en stockage garde-t-elle son passeport ?+
Oui. L'article 77 prévoit que le passeport cesse d'exister lorsque la batterie est recyclée. Une batterie de traction réaffectée à un usage stationnaire conserve donc le passeport ouvert lors de sa première mise sur le marché, et l'opérateur qui la réemploie doit pouvoir continuer à l'alimenter.