Passeport batterie pour bus et poids lourds électriques
Même régime juridique que l'automobile — 51 points obligatoires — mais un contexte d'exploitation radicalement différent : flottes de dépôt, contrats de disponibilité, batteries échangées en cours de vie et marchés publics qui exigent déjà de la traçabilité.

Batterie de véhicule électrique — 51 des 71 points obligatoires
au 18 février 2027
Les bus relèvent des catégories M2 et M3, les camions des catégories N2 et N3. Leurs batteries de traction entrent donc dans la définition de la batterie de véhicule électrique de l'article 3, avec le même régime que l'automobile particulière : 51 des 71 points de données obligatoires au 18 février 2027 et aucun seuil de capacité.
Seuil applicable. Aucun seuil de capacité. Le critère est la catégorie du véhicule tracté, pas la taille du pack — ce qui inclut les batteries de faible capacité des configurations hybrides rechargeables.
Source : règlement (UE) 2023/1542 et Guidance de la Commission européenne « Digital Batteries Passport – data points by category », version 2.0 du 15 août 2026, qui recense 71 points de données et leur applicabilité par catégorie de batterie.
Ce qui est concerné, ce qui ne l'est pas
Soumis au passeport
- Packs de traction des autobus et autocars électriques (M2, M3)
- Packs de traction des camions et tracteurs routiers électriques (N2, N3)
- Batteries des configurations hybrides rechargeables de ces catégories
- Packs de rechange installés en cours d'exploitation après le 18 février 2027
Hors périmètre
- Batteries de servitude et batteries SLI des véhicules thermiques, hors champ de l'article 77
- Batteries de traction des matériels non routiers, qui relèvent du régime des batteries industrielles
Ce qu'il faut réellement produire au 18 février 2027
Tous les points de données du passeport ne sont pas exigibles à l'ouverture. La guidance de la Commission distingue, pour chaque catégorie de batterie, ce qui est obligatoire à l'échéance et ce qui attend encore son cadre juridique. Dimensionner le projet sur la liste complète revient à surinvestir ; l'ignorer revient à reconstruire dans deux ans.
Obligatoire à l'échéance
- ✓Identifiant unique par pack et identifiant de l'opérateur économique
- ✓Constructeur, modèle, date et lieu de fabrication
- ✓Chimie, matériaux critiques et substances dangereuses
- ✓Capacité, énergie, puissance et durée de vie attendue en cycles
- ✓État de santé et historique d'utilisation, réservés aux parties intéressées légitimes
- ✓Instructions de démontage et informations de fin de vie
Pas encore exigible — et pourquoi
- ○Déclaration d'empreinte carbone : suspendue à l'adoption de l'acte délégué sur la méthodologie de calcul
- ○Sourcing responsable : le devoir de vigilance de l'article 48 est reporté au 18 août 2027
- ○Déclaration de contenu recyclé : exigible à partir du 18 août 2028, seuils minimaux au 18 août 2031
À suivre également : devoir de vigilance de la chaîne d'approvisionnement (art. 48), reporté au 18 août 2027 par le règlement (UE) 2025/1561, avec une exemption pour les entreprises réalisant moins de 40 M€ de chiffre d'affaires.
D'où viennent les données sur ce segment
La difficulté d'un projet Battery Pass n'est presque jamais le passeport lui-même : c'est de savoir qui détient chaque donnée, à quelle fréquence elle change, et qui a le droit de la lire. L'article 77 et l'annexe XIII imposent un accès différencié — toutes les données obligatoires ne sont pas publiques.
| Donnée | Qui la détient | Fréquence | Accès |
|---|---|---|---|
| Identifiant du pack et configuration | Constructeur du véhicule et intégrateur du système de traction | À la création | Public |
| Chimie et matériaux critiques | Cellulier, via le constructeur | À la création | Parties intéressées |
| Capacité et durée de vie contractuelle | Essais constructeur et engagements de garantie | À la création | Public |
| État de santé par véhicule et par pack | BMS, remonté par le système de gestion de flotte du dépôt | Continue | Parties intéressées |
| Échanges de packs et interventions lourdes | Atelier de l'exploitant ou du mainteneur contractuel | À chaque intervention | Parties intéressées |
| Fin de vie et filière de traitement | Constructeur et recycleur agréé | À la création | Public |
Comment l'état de santé remonte, quand la batterie n'est pas connectée
L'état de santé est la seule donnée du passeport qui doit vivre après la mise sur le marché. Le marché parle de connexion au BMS comme si elle allait de soi — elle ne l'est pas : la majorité des batteries en service ne remontent rien en continu. Trois voies coexistent, et sur ce segment c'est connexion bms qui constitue le mode réaliste par défaut.
Le BMS remonte l'état de santé en continu, via la télématique du véhicule ou la supervision du site. C'est le mode le plus fin, mais il suppose un équipement connecté et un flux déjà en place.
La télématique de flotte est déjà en place sur la quasi-totalité des dépôts : les relevés par pack y transitent nativement.
Côté Arianee — API d'écriture évènementielle : chaque relevé met à jour le passeport de la batterie concernée, sans réémission, avec horodatage et traçabilité de la source.
Les relevés sont extraits périodiquement d'un système existant — supervision, gestion de flotte, chargeurs connectés, ERP — et déversés par lots. Le mode le plus réaliste quand la donnée existe mais n'est pas exposée en temps réel.
Extraction depuis le système de gestion du dépôt, utile quand plusieurs mainteneurs se partagent la flotte.
Côté Arianee — Import de masse depuis le Management Hub ou par API : un fichier ou un flux met à jour des milliers de passeports en une opération, avec rapport d'erreurs par ligne.
Le technicien scanne le QR code de la batterie et saisit ou valide le relevé sur place, en atelier, en magasin ou en salle. Seule voie possible quand la batterie n'est pas connectée — et la plus fiable pour attester une intervention.
À l'atelier, notamment lors des échanges de packs entre véhicules, pour consigner l'affectation et l'état au moment de la dépose.
Côté Arianee — Passport Portal : le scan ouvre le passeport de la batterie avec les droits du technicien, qui écrit son relevé et son intervention. Fonctionne pour un réseau d'ateliers tiers sans leur ouvrir le reste du parc.
Les trois modes alimentent le même passeport et ne s'excluent pas : un parc mixte combine généralement un flux BMS sur les équipements récents, un import batch pour l'existant et un relevé terrain pour tout ce qui passe en atelier. Chaque écriture est horodatée et attribuée à sa source, ce qui rend l'historique opposable en cas de contrôle.
Les trois points durs propres à ce secteur
Le pack ne reste pas dans le même véhicule
Sur une flotte de bus, les packs sont échangés entre véhicules au gré des immobilisations et des dégradations inégales. Le passeport est attaché à la batterie : le système doit suivre l'affectation d'un pack à un véhicule dans le temps, sans confondre les deux objets.
Contrats de disponibilité et responsabilités partagées
Le constructeur met la batterie sur le marché et porte l'obligation de passeport, mais c'est souvent le mainteneur contractuel qui détient l'historique d'usage. Il faut ouvrir l'alimentation du passeport à un tiers sans lui donner accès à l'ensemble des données.
Des exigences déjà présentes dans les appels d'offres
Les autorités organisatrices demandent des engagements de durabilité et de traçabilité bien avant l'échéance réglementaire. Le passeport devient un livrable contractuel avant d'être une obligation.
Ce que le passeport vous apporte au-delà de la conformité
Un passeport batterie réduit à une obligation reste un coût. Les mêmes données, bien structurées, servent l'exploitation et la valeur résiduelle du parc.
Pilotage de la dégradation à l'échelle du dépôt
Comparer l'état de santé des packs d'une même flotte identifie les écarts liés aux profils de mission et permet d'arbitrer les rotations avant que la dégradation ne devienne une immobilisation.
Fin de contrat et valeur de reprise
Sur des contrats de plusieurs années, la valeur de reprise du matériel dépend directement de l'état documenté des batteries. Le passeport fournit la preuve, opposable, de cet état.
Réponse aux marchés publics
Documenter dès la remise d'offre la traçabilité des batteries et la conformité au règlement transforme une contrainte réglementaire en différenciateur commercial.

François Pujo
Industrial & Battery Project Manager
François est notre expert Battery Pass, aux côtés des industriels du monde entier pour intégrer le DPP sur leurs chaînes de production et tout au long de la vie du produit.
Questions fréquentes — Bus & poids lourds
Les bus et camions électriques relèvent-ils du même régime que les voitures ?+
Oui. Les bus relèvent des catégories M2 et M3, les camions des catégories N2 et N3 : leurs batteries de traction entrent dans la définition de la batterie de véhicule électrique de l'article 3 du règlement (UE) 2023/1542. Le régime est identique à celui des voitures particulières — 51 des 71 points de données obligatoires au 18 février 2027, sans seuil de capacité.
Un pack échangé entre deux véhicules doit-il changer de passeport ?+
Non. Le passeport est attaché à la batterie, pas au véhicule. Un pack déposé d'un bus et remonté sur un autre conserve son passeport et son identifiant unique ; c'est l'affectation au véhicule qui change, et cette affectation doit rester traçable dans l'historique.
L'exploitant de la flotte doit-il créer les passeports ?+
Non. L'obligation pèse sur l'opérateur économique qui met la batterie sur le marché de l'Union, c'est-à-dire le constructeur ou l'importateur. L'exploitant détient en revanche une part des données à maintenir pendant l'exploitation — état de santé, interventions — et doit donc pouvoir alimenter le passeport sans en être le titulaire.
Que se passe-t-il pour les bus achetés avant février 2027 ?+
L'obligation s'attache aux batteries mises sur le marché à partir du 18 février 2027. Les véhicules livrés avant cette date ne nécessitent pas de passeport rétroactif, mais tout pack de rechange acquis ensuite en relève.